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Tétouan : Signature de deux conventions pour la valorisation du patrimoine juif de la région du Nord

Deux conventions de partenariat pour la valorisation du patrimoine juif de la région du Nord ont été signées, mercredi à Tétouan, en marge du 1er forum national sur « Le rôle des juifs marocains dans l’enrichissement de la mémoire collective nationale ».

La première convention de partenariat a été signée par le Conseiller de Sa Majesté le Roi et Président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, André Azoulay, le président de la commune de Tétouan, Mustapha El Bakkouri, le président fondateur du Centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque, Abdellah Ouzitane, le président exécutif du centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc et directeur de la Chaire droit hébraïque de l’université Mohammed V à Rabat, Farid El Bacha, et le président de la Fédération séfarade du Canada et vice-président de la fédération séfarade mondiale, Avraham El Arar.

Cet accord vise à conserver les documents des Juifs de Tétouan, et à établir un cadre réglementaire de partenariat entre les parties signataires, dans l’objectif de mettre en exergue le patrimoine juif de Tétouan et de valoriser le patrimoine matériel et immatériel des Juifs de la Ville.

Les signataires de cet accord s’engagent à organiser des séminaires et des rencontres scientifiques conjoints, pour mettre en lumière le patrimoine civilisationnel des Juifs de Tétouan, renforcer la coopération et la coordination pour collecter, archiver et conserver le patrimoine juif à Tétouan, et œuvrer à créer une archive locale pour les Juifs de Tétouan, dans la perspective de mettre en place un musée pour conserver la mémoire juive de la ville.

Cet accord prévoit également la création d’un groupe de travail conjoint, pour assurer la mise en œuvre des programmes de coopération et de partenariat.

Concernant la deuxième convention de partenariat, signée par M. Azoulay, le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi, Bouchta El Moumni, le représentant de la communauté juive de Tétouan, Albert Hayoun, et MM. Ouzitane et El Bacha, elle porte sur la mise en place d’un cadre réglementaire de partenariat entre les parties, afin d’encourager les recherches sur l’histoire des Juifs de la région du Nord, et de valoriser le patrimoine matériel et immatériel des Juifs de Tétouan.

Les parties s’engagent à organiser des colloques et des rencontres scientifiques pour mettre en avant le patrimoine civilisationnel des Juifs de la région du Nord, renforcer la coopération et la coordination pour collecter et archiver le patrimoine juif à Tétouan, et créer un musée pour préserver la mémoire juive de la ville.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence notamment du gouverneur de la province de Tétouan, Younes Tazi, d’élus, de responsables judiciaires, d’acteurs culturels et de la société civile, de représentants d’instances religieuses et de membres de la communauté juive marocaine. Ce forum a également été marqué par le lancement du Centre d’études et de recherches sur l’histoire des Juifs de Tétouan et l’inauguration de la galerie de la mémoire documentaire à l’ancien siège de la commune de Tétouan, qui présente des documents rares sur l’histoire des Juifs de la ville.

Ce forum, organisé par la commune de Tétouan et l’Université Abdelmalek Essaâdi (UAE), avec le soutien de la préfecture de Tétouan, à l’occasion de l’anniversaire de la présentation du Manifeste de l’indépendance, vise à promouvoir le rayonnement culturel et l’attractivité de Tétouan, qui constitue un lieu de rencontres, d’échanges et de métissage des cultures.

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Au chevet de l’église Saint-Christophe

L’état de l’église Saint-Christophe préoccupe la commune qui a décidé de prendre le sujet à bras-le-corps. Des travaux, pour près de 59 000 euros, sont prévus. Une souscription est attribuée auprès de …

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Autour de Deauville, le patrimoine historique conforte la richesse d’un territoire touristique

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La gare de Trouville-Deauville.
La gare de Trouville-Deauville. ©Sophie QUESNEL

Sur la Côte fleurieentre Villers sur mer et Trouville sur meren passant par les terres, de Saint Pierre Azif un Saint-Gatien-des-Bois (Calvados), de nombreux éléments du patrimoine ont été placés sous la protection de l’état.

Ce statut a pour mais d’en assurer la conservationla restauration et la mise en valeur.

Bénerville sur mer

Cette commune de 414 âmes ne possède pas seulement une façade maritime habillée de cabines de plage à rayures. Elle accueille aussi les 33 000 m² du Domaine des Enclos appelés aussi Parc Gulbenkian, du nom de son créateur, homme d’affaire et grand collectionneur d’art. 2010, l’ensemble, propriété depuis la Ville de Deauville, et ses éléments constitutifs, notamment les meurs et les fabriques sont protégés.

Les bains pompéiens à Deauville.
Les bains pompéiens à Deauville. ©Sophie QUESNEL

Deauville

La cité du duc de Morny recèle une grande diversité de genres architecturaux. C’est la raison pour laquelle, depuis 2015, une Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP) garantit une attention particulière portée au développement durable et dans une vision élargie à tout son territoire. L’AVAP protège et valorise l’habitat ancien, et ouvre le regard sur une construction neuve de qualité, respectueuse de l’esprit des lieux.

Le premier élément du patrimoine à bénéficier d’une protection est la Villa Strassburger dont la façade et les toitures ont rejoint, en 1975, la liste du patrimoine protégé.

La chapelle Saint-Laurent, située chemin du coteau, qui fut l’église paroissiale du vieux village de Dosville, est elle aussi protégée dans sa totalité.

Des centaines de milliers de voyageurs s’y croisent chaque année et elle fut plusieurs fois choisies comme décor de film, la gare que Deauville partage avec Trouville fait l’objet d’une protection et plus précisément, les façades et toitures de l’ensemble du bâtiment ainsi que le grand hall des voyageurs ; les quais avec les abris, les lampadaires et luminaires.

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Et depuis 2019, les » Bains pompéiens « , en totalité, y compris les lavabos, baignoires et robinetteries d’origine, les cours intérieures avec les bancs, les bassins et les décors de mosaïques, ainsi que les chemins de planches avec les garde- corps, ont rejoint la liste des monuments deauvillais protégés.

La Villa Strasburger.
La Villa Strasburger. ©Sophie QUESNEL

Saint Arnoult

Classés Monuments Historiques en 1970, les bâtiments de l’ancienne église paroissiale et de la chapelle prieurale qui la jouxte, toutes deux construites au XIe siècle, se dressent à flanc de coteau sur la rive gauche de la Touques, et sont dédiés à Saint- Arnoult. Les parties protégées sont le clocher, le chœur et les ruines de la nef de l’église.

Saint-Gatien-des-Bois

Le colombier de la ferme d’Herbigny, propriété privée située sur le Mont Saint-Jean est protégée depuis 1933.

Cinquante ans plus tard, les façades et les toitures du chalet Güttinger, seront aussi protégées. Caché dans les bois, cette demeure atypique est l’œuvre d’Ulrich Güttinger, chef de file de l’école romantique. D’origine suisse, décider de construire un bien dans lequel il pourra se retirer du monde. Vers 1825, dans sa Normandie natale, le Rouennais endosse la casquette d’architecte pour ériger un chalet de bois à l’image de ses inspirations romantiques et suisses.

Le chalet à Saint-Gatien-des-Bois.
Le chalet à Saint-Gatien-des-Bois. ©Sophie QUESNEL

Saint Pierre Azif

Avec ses 6,17 km², la plus petite commune de Cœur Côte fleurie sert d’écrin à une magnifique église. Placé sous la protection de Saint-Pierre depuis l’édification du chœur au XIIe siècle et de l’État depuis 1926, l’édifice abrite neuf tableaux de maîtres flamands dont un triptyque de Lucas de Leyde du XVIe siècle représentant la Nativité, l’ Adoration des Mages, et la Circoncision.

Touques

Auréolée du label Petite cité de caractère depuis 2019, Touques est une commune au passé encore bien ancré. L’ancienne église saint-Pierre désaffectée à la révolution fut désacralisée en 1790. Depuis, elle sert d’espace culturel. La totalité de l’édifice a été protégée en 1840.

Aujourd’hui, le culte est désigné dans la seconde église de la commune, Saint-Thomas, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1926. En plus de ce patrimoine religieux, le manoir de Méautry, son portail d’entrée, ses ,façades et les toitures des bâtiments attenants ont fait l’objet de deux protections en 1933 et 1948. Le manoir est la pièce maîtresse d’un des haras les plus célèbres de France, le haras de Meautry, anciennement Meautrix, créé en 1875 par deux frères, Alphonse et Gustave de Rothschild.

Voisin des greniers à sel, le manoir de la rue Louvel et Brière est inscrit à l’inventaire supplémentaire. Ses façades et toitures sont protégées depuis 1975.

Dans la même, rue, l’ancien hôtel de l’Amirauté, ses façades et toitures, mais aussi la grande cheminée de la salle du rez-de-chaussée font également l’objet d’une protection depuis 1969.

St Thomas de Touques
L’église St Thomas de Touques. ©Sophie QUESNEL

Tourgéville

La commune, qui possède une petite façade maritime entre Deauville et Bénerville-sur-Mer très évoquée pour la belle saison, cache un arrière pays riche de plusieurs manoirs.

Le manoir de Glatigny, un édifice des XVIe et XVIIe siècles fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le 21 janvier 1929 et d’une inscription depuis le 16 décembre 1974. Les parties concernées sont les façades et toitures de l’étable, de la bergerie, du fruitier et du pressoir et les mécanismes du pressoir. Les façades et toitures du Manoir de la Poterie sont, elles aussi, protégées depuis 1975.

La totalité du Manoir de la Pipardière a fait l’objet de deux protections dont la dernière en 1995 modifiait le classement de monument historique établi en 1923.

Enfin, depuis 2005, la chapelle du manoir de Clairefontaine a rejoint le patrimoine architectural protégé de la commune.

Trouville sur mer

La Reine des plages est un véritable musée à ciel ouvert. D’ailleurs la Villa Montebello où sont jalousement gardées les œuvres d’art retraçant le passé artistique de la station possède un remarquable escalier intérieur avec sa rampe en bois, placé sous protection depuis 1987, tout comme ses façades et toitures.

De l’autre côté de la rue, se dresse l’ancien hôtel des Roches Noires. De style Second Empire, intégré en 1866. En y acquérant, en 1963, l’appartement 105, au premier étage, Marguerite Duras a élargi à la notoriété de l’édifice dont les façades et les toitures, la terrasse donnant sur la mer et hall d’entrée dans sa totalité sont protégés depuis 2000.

Le château d’Aguesseau a été construit au début du XVIIe siècle. En 1853, le prince Murat fait ajouter deux ailes basses couvertes en terrasses et d’importantes écuries. Les façades et toitures du château et des écuries, la terrasse et son mur de soutenement ainsi que la grande serre ont rejoint les monuments historiques en 1995.

Le site du château et ses abords avaient été protégés dès 1964.

La totalité de la Halle aux poissons dite » Poissonnerie » située boulevard Fernand Moureaux est classée, tout comme l’ancien bureau de poste de la rue Amiral de Maigret, dont les façades et toitures, mais aussi la salle du public en totalité avec son agencement et son décor, sont inscrits historiques à l’inventaire des monuments depuis 2010.

Villers sur mer

Les façades et les toitures du château, les boiseries de la bibliothèque, et le jardin potager sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques depuis 2003.

L’église, qui a récemment fait l’objet d’une restauration, est protégée en totalité en 2006.

Le casino en totalité comprenant le corps central avec ses deux ailes, son porche et son théâtre est également inscrit à l’inventaire.

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Des œuvres d’art exceptionnelles découvertes dans l’église de Bruille-Saint-Amand

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Notre-Dame de Malaise, la discrète église de la rue Henri-Durre, est depuis peu en restauration à Bruille-Saint-Amand. D’importants travaux sont nécessaires pour remettre en état la toiture. Des travaux qui ont permis de mettre au jour, de façon inattendue, des œuvres d’art exceptionnelles dissimulées derrière des boiseries.



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Une chapelle du XIIIe siècle

L’histoire de cette chapelle Notre-Dame de Malaise remonte au règne de Saint-Louis, en 1243. Les moines de Château-l’Abbaye, à la recherche de terres cultivables, viennent défricher le lieu alors appelé « Le bois de Malaise » . C’est là que l’abbé Evrard qui est à leur tête aurait eu une apparition de la Vierge Marie. Elle lui aurait demandé de bâtir une église en son nom. C’est ainsi que naît la chapelle de Notre-Dame de Malaise. Elle devient église paroissiale au début du XIXe et est aujourd’hui la plus ancienne chapelle mariale au nord de Paris. Mais, avec l’usure du temps, un important projet de réhabilitation devient urgent. Il est mis en place grâce à l’appui de la ville, du Département et de l’agglomération de la Porte du Hainaut. Ce plan de sauvetage porte notamment sur la réfection de la couverture et la restauration de la façade.

En cours d’expertise

C’est au cours des travaux à l’intérieur du bâtiment que les ouvriers découvrent des vestiges religieux. Il s’agit de peintures murales et de bas-reliefs très bien conservés. Ils étaient dissimulés derrière des boiseries, ce qui leur a permis de rester protégés des attaques du temps. « Une découverte exceptionnelle », selon Bernard Lannoy, historien amateur local. L’église est bien sûr fermée au public le temps des travaux. Les œuvres d’art sont actuellement à l’étude par les experts de la Direction régionale des affaires culturelles. Ils s’affairent pour tenter de répondre à ces deux questions : qui sont les personnages peints sur les murs ? Et, de quelle époque datent les œuvres ? Des énigmes à résoudre en attendant de faire, peut-être, de nouvelles découvertes au sein de l’église.





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la première partie des travaux de réfection du Sacré-Cœur s’achève

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Après le terrible incendie de 2006 et treize ans de réflexion sur la restauration du Sacré Coeurdésigné comme l’ancien couvent des Carmélites, puis des travaux gigantesques entrepris fin 2019, la Ville de Ploërmel (Morbihan) annonce le bout du tunnel après trois années de chantier.

La première partie des travaux s’achève : elle concerne la chapelle qui accueillera des concerts – le chœur des moniales qui devient une salle d’exposition – le retable – la sacristie qui sera dédiée aux loges, aux vestiaires et aux sanitaires pour le public – l’aménagement des jardins et celui d’une liaison urbaine. Actuellement, et après la pose du carrelage, ce sont les dernières finitions qui sont à l’ordre du jour avec notamment l’achèvement des installations électriques et la mise aux normes en rapport avec la sécurité. L’ouverture au public, tant attendue par les Ploërmelais, est prévue après les fêtes de fin d’année, fin janvier au plus tard.

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L’incendie du Sacré-Coeur

Dans la nuit du 1er au 2 mars 2006, une allumette criminelle vient effacer 400 ans d’histoire et de patrimoine ploërmelais. Le Sacré-Cœur brûle ! Les sirènes retiennent et les pompiers accourent. Hélas, le bilan est très lourd : 75 % des 4500 m² de l’établissement sont ravagés par les flammes.

Une aide précieuse, pourtant inattendue, est venue encourager la municipalité à démarrer les travaux de restauration fin 2019 : sélectionné au loto du patrimoine, le Sacré-Cœur avait été retenu pour le département du Morbihan parmi une liste de 103 sites choisis concernant les projets de 2019 pour la Mission Patrimoine en Péril, nommée puis orchestrée par Stéphane Bern.

Après la démolition du bâtiment, le chantier a réclamé une maçonnerie exigeante. Elle s’est attaquée à la réhabilitation de la chapelle et du chœur des religieuses. La chapelle sera consacrée à l’organisation de concerts. Ses murs s’élèvent à 11 mètres et le pignon central culmine à 17 mètres. « Son mur nord en maçonnerie enduite repose sur un soubassement de granit en partie basse, la partie haute étant réalisée en pierre de tuffeau employée par les compagnons qui restaurent la chapelle. Cette pierre provient des carrières de Maquignon (commune de Haims dans la Vienne)« , explique Jacques Mikusinskiadjoint au maire chargé des finances, mais surtout passionné par le patrimoine notamment sur ce projet.

La porte d’accès au nord est surmontée d’un fronton cintré orné et d’un blason en tuffeau, le pignon occidental s’inscrit dans la tradition des façades baroques jésuites. Le registre supérieur recouvert d’un enduit disgracieux fait place aujourd’hui à un enduit à la chaux. Le frontispice retrouve également sa forme cintrée d’origine. A noter la présence de quatre pilastres couronnés de chapiteaux ioniques qui encadrent un grand portail en plein cintre.

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« La magnifique et impressionnante charpente est réalisée en chêne massif et on retrouve en action la société Cruard Charpente de Simple (Mayenne). Elle était déjà intervenue en 2007 après l’incendie pour limiter au maximum les dégradations sur les charpentes qui risquaient à ce moment-là d’emporter l’ensemble de l’édifice », ajoute Jacques Mikusinski. La toiture est en ardoises et posée au clou par une équipe spécialisée et compétente avec un savoir-faire comme l’exigent les monuments historiques. En façade sud, on constate la présence d’une croix cimentée dans l’emplacement qui fût autrefois le cimetière des religieuses.

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Histoire du Sacré-Cœur de Ploërmel

En 1627, quatre carmélites du couvent de Nazareth de Vannes s’installent au nord de la rue des Forges dans une maison à l’angle de la voie menant au Bignon. Elles sont en charge de l’édification du couvent. Le monastère des Carmélites est construit à Ploërmel sur un terrain vague inoccupé entre 1630 et 1645.

Les bâtiments sont regroupés autour d’un cloître carré avec 8 arcades en plein centre de chaque côté, séparés par des piliers de granit. Au rez-de-chaussée se trouvent : la cuisine, le réfectoire, la salle capitulaire et les parloirs. Le premier étage est réservé aux cellules des religieuses, à la lingerie et à l’infirmerie. L’intérieur reste très simple, fidèle aux vœux de pauvreté de ses occupants. Seul le réfectoire offre de magnifiques boiseries avec un lourd poutrage au plafond. Au-dessus, se trouvent les greniers avec les fenêtres des mansardes en granit massif.

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Vue d’ensemble du Sacré-Cœur, Ploërmel

En 1649, les ailes Est et Nord sont achevées à leur tour et la date est inscrite sur le linteau de la porte de la maison du chapelain.

En 1680, la chapelle dédiée à Notre-Dame des sept douleurs est construite en forme de croix, bâtie dans le style renaissance par l’architecte rennais Jean Gruau. Sa façade en pierres blanches sculptées est remarquable. A cette époque, le monastère est prospère. Il compte 59 religieuses en 1729. Les Carmélites vivent des dons des fidèles et des points fournis par les nouvelles religieuses. Mais sous la Révolution française il ne reste que 16 Carmélites accablées par les charges et couvertes de dettes. La question d’utiliser cet établissement pour l’État se pose alors. Les religieuses quittent le couvent le 28 septembre 1792. Elles n’emportent avec elles que leur linge et le mobilier de leur cellule. Certains rejoignent Taupont, Gaël et Campénéac (dans le Morbihan). D’autres s’éloignent à Nantes (Loire-Atlantique) et Lannion (Côtes du Nord). Les changements de résidents vont ensuite s’opérer année après année : En 1793, le monastère sert de garde-meubles et de magasins à grains. En 1794, on y installe l’école des jeunes citoyennes et en 1798 c’est au tour de la gendarmerie de s’y poser et dès que les chevaux envahissent la cour.

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Sous Napoléon 1er en 1811, une vingtaine de religieuses dites les Ursulines emménagent et créent un lieu d’éducation pour jeunes filles. Les bâtiments sont rénovés grâce aux dons. On assiste à d’importantes transformations : un étage supplémentaire dans la maison du Chapelain, le rajout d’un prolongement à l’aile nord du cloître qui accueille un pensionnat. Les cellules deviennent des dortoirs et des salles de classes.

En 1821, 130 jeunes filles y suivent l’enseignement des religieuses. Tout au long du 19ème siècle, des dépendances et des annexes sont construites.

Mais entre 1880 et 1900, les Ursulines sont inquiétées par les nouvelles lois sur la gratuité des écoles et la laïcité. L’établissement est fermé le 1er octobre 1904. Les dernières religieuses qui résistaient encore en demeurant au couvent, sont expulsées le 13 novembre 1906 par la loi de séparation de l’Église et de l’État.

Sept ans plus tard, le lieu est en vente et trouve un acheteur bienfaiteur, un ami des Ursulines. Ce dernier crée le pensionnat du Sacré-Cœur en 1913. Les élèves sont demi-pensionnaires ou pensionnaires. Dix ans plus tard, en 1923, les portes s’ouvrent aux élèves externes.

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats français et américains se séparent d’une partie des bâtiments. En 1919, la communauté des Ursulines se reforme, mais en juillet 1932 elle est dissoute. Les Ursulines quittent Ploërmel, sans aucun espoir d’y revenir un jour ! Elles cèdent la place à une nouvelle fondation : celle des Filles de Jésus de Kermaria. La rentrée scolaire de 1932 se fait avec 38 internes.

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Reconstruction Sacré-Coeur, Ploërmel

Arrive la Seconde Guerre mondiale et avec elle les réfugiés de l’Est de la France et ceux de la région parisienne. Ils trouvent à se loger au Sacré-Coeur. En 1941, malgré l’occupation de plusieurs bâtiments par l’ennemi, un cours secondaire est ouvert. En 1943, au total 130 internes. Le 6 juin 1944, jour du débarquement allié, toutes les élèves quittent l’école car des rumeurs circulent et annoncent un bombardement sur la ville. Il a lieu le 12 juin et le Sacré-Cœur est bien touché ! Les dernières Sœurs doivent fuir. Elles intégreront à nouveau les lieux le 22 août suivant, pour pallier aux dommages subis, tout nettoyer et la rentrée scolaire de 1944/45. Le réfectoire est remplacé et aménagé dans une baraque.

Les années d’après-guerre sont prospères. En 1950, on crée des chambres et des sanitaires. Quatre cours primaires sont enseignés à l’école Saint-Joseph, juste de l’autre côté de la rue. Les cours de la 8ème à la classe de philosophie sont donnés dans l’enclos du Sacré-Coeur. De nouveaux programmes voient le jour : enseignement commercial, sections industrielles et ménagères.

En 1953 la chapelle, qui avait beaucoup souffert sous les bombes en juin 44, est rénovée : voûte et vitraux. Son fronton occidental n’est pas restitué à l’original. L’année suivante, l’ancien stade fait place à des cours de tennis, de basket et de volley-ball. On ouvre aussi une école technique. A la fin des années 50 et au début des années 60, sur les construits de nouveaux bâtiments.

En 1974, le collège accueille les garçons pour la première fois ! C’est l’heure de la mixité de la classe de 6ème à la classe de 3ème. En 1996, la commune de Ploërmel rachète le Sacré-Cœur.

En 2009, deux ans après le terrible incendie, Les Filles de Jésus de Kermaria cèdent leur tutelle au diocèse de l’Enseignement catholique.

ploermel sacre-coeur

La chapelle ouvrira aux visiteurs courant janvier. Son inauguration officielle avec la visite des jardins du Sacré-Cœur est prévue à la fin du premier trimestre 2023, en présence des élus et de la population.

L’accès à la chapelle pourra se faire depuis la mairie ou par la rue Sénéchal-Thuault, qui sera alors plus dégagée, et équipée aux normes de sécurité actuelle, notamment avec une rampe PMR (Personnes à Mobilité Réduite).

L’occasion de cette rencontre mettra l’accent sur l’étendue de la tâche qui restera à accomplir après cette date.

La seconde partie de la restauration commencera, une fois les fonds nécessaires collectés. Elle comprendra les travaux du cloître et de sa maison attenante, construits tous les deux en 1645 et rehaussés au 19ème siècle.

Pour d’autres renseignements :

Hôtel de Ville de Ploërmel : 02 97 73 20 73 ou

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A la rencontre de la Sainte Famille – Tourisme – Voyages

Terre d’accueil, l’Egypte est aussi et surtout une terre divinement bénie. Et pour cause. Il y a plus de 2 000 ans, la Sainte Famille, l’Enfant Jésus avec ses parents Marie et Joseph, fuyant la menace de mort d’Hérode, a parcouru le pays du nord au sud. Un séjour historique de plus de trois ans, concrétisant la prophétie d’Osée, « D’Egypte j’ai appelé mon fils » (Osée 11, 1).

Conscient de l’importance majeure de ce circuit, le ministère du Tourisme et des Antiquités travaille à préparer un dossier complet afin de pouvoir inscrire les différents sites du trajet de la Sainte Famille sur les registres de l’Unesco comme patrimoine culturel mondial de l’ humanité. Dans ce cadre, le comité culturel de l’église Sainte-Thérèse d’Héliopolis, en collaboration avec Medhat Michel, de Roi Al-Saïd, spécialisé en tourisme patrimonial et religieux copte, a organisé un voyage de quatre jours en direction de Minya, Sohag et Assiout. Trentetrois personnes, tous âges confondus, y ont pris part, curieuses d’aller à la rencontre de la Sainte Famille qui a visité et béni quelques endroits de ces régions, entre autres, lors de son long voyage en Egypte. Le séjour de la Sainte Famille n’a été ni facile ni beau. Bien au contraire, ce fut un périple pénible et périlleux dans le désert, endurant la chaleur torride de l’été et le froid glacial de l’hiver, sans compter la faim, la soif, les dangers et les poursuites … Plus de 3 ans de déplacements dans 8 gouvernorats, plus de 25 lieux habités et plus de 3 500 kilomètres parcourus à pied, à dos d’âne et parfois dans une embarcation sur le Nil …

Assiout ou le terme du voyage

En Haute-Egypte et à 300 km au sud du Caire, Assiout est la première destination. Partis à minuit, nous arrivons à Deir Oum Al-Mahabba à 8h du matin. Le temps de prendre le petit-déjeuner avant d’aller découvrir l’église de la Vierge Marie à Deir Al-Moharraq. C’est là que la Sainte Famille s’est réfugiée dans une grotte, celle qui deviendra plus tard l’autel de l’église ancienne de la Sainte-Vierge, à l’ouest du monastère Deir Al-Moharraq. Ce lieu est saint au vrai sens du terme puisqu’il a accueilli la Sainte Famille pendant 185 jours consécutifs, le séjour le plus long sur la terre d’Egypte. Haut lieu culturel, Deir Al-Moharraq est entouré de nombreuses églises, du nord au sud et d’est en ouest. L’église de la Sainte-Vierge, Deir Al-Moharraq, mont Qosqam : trois appellations désignant un même lieu où la Sainte Famille s’est réfugiée dans une habitation en brique crue. Ce lieu était le plus sûr, un désert aride, non peuplé, concrétisant encore une fois la prophétie d’Isaïe : « En ce jour-là, l’Eternel aura un autel au milieu de l’Egypte, et une stèle sera dressée en l’honneur du Seigneur sur sa frontière » (Isaïe 19, 19). Quant à Qosqam, il est composé de Qos qui veut dire cimetière et Qam qui désigne les herbes dans la région destinées à être brûlées.

Le couvent de la Sainte Vierge à Gabal Al-Teir.

Quoi qu’il en soit, cette grotte revêt une grande importance spirituelle, puisqu’elle a accueilli pendant six mois la Sainte Famille et c’est aussi dans cette grotte que l’Ange du Seigneur est apparu en songe à Joseph lui disant : « Lèvetoi, prend le petit enfant et sa mère et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts » (Matthieu 2, 20).

Dronka, refuge du mont

Sur le chemin du retour, et à 10 km d’Assiout, se trouve l’une des dernières destinations visitées par la Sainte Famille, Dronka. Empruntant un chemin menant un peu plus au sud, la Sainte Famille atteint Samallout. De là, elle traverse le Nil et arrive à Gabal Assiout ou Gabal Dronka. Le lieu fut béni et un couvent, toujours au nom de la Sainte Vierge, y fut bâti à 8 km au sud-ouest d’Assiout. Le couvent de la Vierge à Dronka était le lieu le plus sûr au retour de la Sainte Famille. Et pour cause. A l’heure de la crue du Nil, fuyant les inondations, les gens parcouraient 48 km de la route agricole pour atteindre le mont Dronka. Une escalade harcelante avant de pouvoir prendre une embarcation sur le Nil.

Notre longue journée à Assiout, avec Deir Al-Moharraq, Dronka et les autres églises visitées avec notre guide inlassable, Medhat Michel, prend fin. Dîner et dodo à l’hôtel avant que notre professeure, la charmante organisatrice du projet, Viviane Avakian, nous réveille à 7h du matin pour prendre notre petit-déjeuner. La journée sera aussi longue que la veille, mais aussi riche en culture et infos.

Sohag, un bref passage

Aujourd’hui, nous allons à Sohag, à 150 km d’Assiout. La ville de l’immortel Réfaa Al-Tahtawi nous accueille à l’entrée de la région. A 15 km de Sohag, nous arrivons à Deir Akhmim, bâti au IVe siècle.

Officiellement, aucune trace tangible n’assure le passage de la Sainte Famille par Sohag, mais selon les traditions orales et les coutumes la Sainte Famille aurait dû ce lieu qui porte le nom des 8 410 martyrs d’Akhmim. A quelques kilomètres de Sohag, les monastères rouges et blancs nous racontent leurs belles histoires et nous dévoilent une beauté architecturale unique. Le monastère rouge est distingué avec ses couleurs exceptionnelles et ses riches peintures murales. L’église des saints Bishai et Bigol où le monastère rouge est rouge de la couleur du matériau de la construction de ses murs extérieurs. Quant au monastère blanc de saint Chénouda, il est à 3 km du monastère rouge.

La tournée fatigante à Sohag est terminée. Déjeuner à 17h et nuitée à bord du bateau Corail 1. Et ce n’est pas tout. Mme Viviane insiste sur le fait de dîner machawi chez Talat, au centre-ville. Nous nous plions aux consignes, crevés mais heureux.

Le lendemain nous avions une longue tournée pour rattraper les lieux prévus la veille et qui n’ont pas été visités. Il nous restait un long trajet à faire pour arriver à Minya, dernière étape de notre voyage.

Minya, la montagne des oiseaux

Quand on parle du séjour de la Sainte Famille à Minya, c’est Gabal Al-Teir qui nous vient immédiatement à l’esprit. Gabal Al-Teir ou la montagne des oiseaux est ainsi appelée parce que des milliers d’oiseaux s’y rassemblent. Minya est une belle ville accueillante et séduisante. C’est là que nous avons découvert la grotte qui a abrité la Sainte Famille. Il y avait aussi la pierre sur laquelle Marie pétrissait le pain, le puits d’où elle tirait l’eau, l’escalier emprunté pour monter du Nil jusqu’au mont. D’ailleurs, c’est au-dessus de cette grotte millénaire qu’un hôtel, Sainte famille, est créé sur une falaise. Un lieu à l’image de la Sainte Famille, qui nous a accueillis à la clôture de notre séjour.

C’est ainsi que prend fin notre voyage, bref, il est vrai, mais condensé. En attendant notre prochaine rencontre avec la Sainte Famille au nord de l’Egypte, nous nous unissons au pape François qui a béni l’icône du trajet de la Sainte Famille. Une accréditation permettant d’inclure le circuit dans un programme de pèlerinage destiné à encourager le tourisme religieux. De même, le pape Tawadros II a souligné que le premier touristique en Egypte était Jésus-Christ. Sa venue a constitué une source de bénédiction pour tous les Égyptiens, incitant à l’amour, à la paix et à la tolérance.

Cour des privilèges :

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Les travaux de restauration de l’église touchent à leur fin

L’église avait besoin d’une restauration en profondeur. Les élus ont pris le dossier à bras-le-corps depuis plusieurs mandats. Les mûrs, les enduits extérieurs, les huisseries, l’intérieur du bâtiment …

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À Coutances et autour, sept sujets qui vont faire l’actualité en 2023

Si l’actualité devrait, comme toujours, se montrer innovante en 2023, certains sujets ont d’ores et déjà rendez-vous avec les gros titres. En voici sept qui devait signaler l’année dans le Coutançais.

Du patrimoine en chantier et en question

Après le nord, place au sud. Sur la cathédrale, les échafaudages vont se déplacer pour s’attaquer à l’autre bas-côté. Couverture, vitraux, sculptures… Tout y passera. À quelques dizaines de mètres, l’église Saint-Pierre attend également des soins. Son état inquiète l’Église et les amoureux de patrimoine. La commune évoque des travaux de toiture et d’électricité dans l’année. À l’hôpital, c’est l’ancien hospice qui devrait être vendu pour être reconverti en logements.

L’industrie poursuit sur…

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Les Amis de l’église se mobilisent pour restaurer le clocher

Jeudi après-midi, l’association Les Amis de l’église organise un moment convivial pour récolter des fonds pour la restauration de l’édifice, en partie classé aux Monuments historiques depuis 1909.

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Aveyron : l’alambic de Patrick Allemand, ou l’art de distiller le patrimoine depuis 100 ans

Depuis cent ans, l’eau de vie coule à Saint-Igest, dans l’ouest du département. La coopérative de distillation, créée en 1922, voit ses bouilleurs de cru se renouveler. Patrick Allemand est actuellement maître distillateur.

L’eau de vie. Cela fait cent ans qu’elle coule, chaque hiver revenu, dans un coin de notre Rouergue. 1922, la date s’affiche au fronton du hangar où, quand la gelée blanchit les prés voisins, chauffent trois alambics. Nous sommes là dans l’antre de la coopérative de distillation de Saint-Igest. Une institution créée le 15 septembre 1922 par l’abbé Bourdoncle, le curé du village qui était à la recherche de fonds pour financer la construction d’une église. La gnole pour servir la messe ! Un autre temps. L’église s’est élevée dans la prairie à l’entrée du bourg alors que la distillerie se développait sur la place du village, à quelques mètres de l’édifice religieux, avant de migrer en 1997 sur les hauteurs, perpétuant une tradition qui fait la richesse de la vie rurale. Et qui représente un vrai patrimoine vivant.

Tous les hivers, ils sont nombreux les bouilleurs de cru à prendre la direction de Saint-Igest, avec des remorques chargées de fruits (surtout) ou de vendange (moins maintenant). Ils viennent de tout le pays de l’Ouest Aveyron et des départements voisins. Car, il faut bien savoir que tout le monde peut distiller sa production de fruits.

Pas besoin d’avoir le « droit », c’est-à-dire un privilège qui exempte du paiement des taxes. Ce privilège, dont une ordonnance du 30 août 1960 a interdit la transmission, s’éteint avec la disparition naturelle de nos aînés. Mais les bouilleurs de cru, avec un renouvellement des générations, sont toujours là. Pour distiller leur récolte il leur est demandé d’adhérer à la coopérative (10 €), ils payent alors un forfait de 50 € pour 5 litres d’eau-de-vie (2 € par litre supplémentaire) et doivent s’acquitter des taxes, fixées à 9,03 € par litre d’alcool à 100°, soit environ 4,50 € par litre à 50°, degré qui est rarement dépassé.

« Aujourd’hui, on recherche plus la qualité que la quantité. Pour avoir une eau-de-vie aromatique et agréable à boire, il faut la sortir à 45° », explique Patrick Allemand, le bouilleur qui entame sa onzième campagne. Ses conseils sont toujours pertinents. « Nous avons là un distillateur champion du monde »assure Serge Joulié, le secrétaire de la coopérative (le président en est Jean-Paul Fayret).

« Je fais de l’eau-de-vie, pas de la gnole », lâche Patrick Allemand, qui veille sur tout. Son savoir-faire du bouilleur s’exprime à toutes les étapes de la distillation. Il est donc aux commandes de trois alambics, le plus ancienne date d’avant 1922 et le plus récent, un petit de 150 litres, vient d’être acquis par la coopérative après une collecte participative pour mieux répondre aux besoins des nouveaux bouilleurs de cru . Ils font distiller différents fruits : pruneaux, poires, fraises, framboises, coings.

Plus inédite pour Patrick Allemand, une distillation de vieilles bouteilles de bière. Il poursuit sa campagne jusqu’au 28 février (prendre rendez-vous au 06 04 45 11 94). Des mois d’hiver où il fait vivre le patrimoine.